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[Monografia] - Antichità


La citoyenneté dégradée. Une histoire de l’infamie à Rome (312 av. J.-C. – 96 apr. J.-C.)

Collection de l'École française de Rome 544
Roma: École française de Rome, 2018

Stato: Prossima pubblicazione

Ce travail propose une approche globale et diachronique de l’infamie, de 312 av. J.-C. à 96 apr. J.‑C., afin de décloisonner son étude et de la replacer dans son contexte socioculturel. L’infamie désigne la dégradation qui résulte de l’officialisation par un représentant de la cité d’un mépris jusqu’alors latent. Pour comprendre les fonctions et les modalités de cette formalisation, nous sommes partis d’un catalogue prosopographique, disponible en ligne. Lors de cérémonies de dégradation, l’infamie était actualisée au cas par cas, par une instance civique qui appréciait la dignité du citoyen. Ces spectacles du déshonneur favorisaient la diffusion des valeurs de l’aristocratie et la légitimaient en rappelant son excellence.

À partir du IIe siècle av. J.‑C., l’infamie connut un phénomène de juridicisation : elle découlait désormais de l’application d’une règle juridique écrite sanctionnant certaines catégories de citoyens. Enfin, l’infamie concernait tous les citoyens, n’était pas contagieuse, et plaçait dans une situation de paria. Il était rare d’en sortir. La stigmatisation renforçait la cohésion du reste du groupe et participait à la redéfinition de son système normatif. Sans être un concept juridique unifié, l’infamie avait une unité conceptuelle. Elle affectait le citoyen qui ne se conformait pas au fonctionnement de la société et qui suscitait la défiance parce qu’il avait brisé l’intégrité de sa personne. Elle lui redonnait une place dans la hiérarchie civique en institutionnalisant une sorte d’anti-auctoritas. L’infamie s’inscrivait toujours dans une perspective de classement des citoyens afin d’organiser leurs rapports entre eux et avec l’État.

En définitive, analyser les formes d’infamie révèle en négatif la définition du bonus ciuis et les attentes des Romains envers leurs dirigeants. En posant la question des conséquences de l’évaluation morale du citoyen dans la société d’ordres qu’était Rome, c’est donc une histoire de la citoyenneté romaine sur la longue durée que propose ce travail ainsi qu’une réflexion sur le caractère méritocratique de la hiérarchie civique.

 

 

Agrégé d’histoire et diplômé de Sciences Po Paris, Clément Bur est aujourd’hui Maître de Conférences en histoire ancienne à l’INU Champollion d’Albi et membre du laboratoire PLH-ERASME (Toulouse – Jean Jaurès).