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Nouveautés
Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité 123/1 (2011)
An open-air sanctuary on an amphora by the Pittore delle Gru and the cult of Artemis in early Etruria, par Gabriel Zuchtriegel; Bolsena e la sponda occidentale della Val di Lago : un aggiornamento, par Enrico Pellegrini et alii; La data di costruzione dell'agorà e di altri monumenti architettonici di Iaitas : un contributo alla cronologia dell'architettura ellenistica della Sicilia Occidentale, par Hans Peter Isler; Due divinità di Falerii Veteres : Giunone Curite e Minerva Capta, par Giorgio Ferri; Géoarchéologie des ports de Claude et de Trajan, Portus, delta du Tibre, par Jean-Philippe Goiran, Pierre Carbonel, Hatem Djerbi, Carole Ognard, Christine Oberlin Ferréol Salomon, Hervé Tronchère.
CHRONIQUE
Activités archéologiques de l’École française de Rome. Année 2010
Loron (Tar-Vabriga, Croatie); Apollonia d’Illyrie (Albanie); Monterenzio (prov. de Bologne) : la nécropole celto-étrusque de Monterenzio Vecchia; Les sites de hauteur des Vestins : étude de l’organisation territoriale d’un peuple de l’Italie préromaine, p. 269; Catacombe des saints Pierre-et-Marcellin (Rome); Palatin (Rome) : fouilles de la Vigna Barberini; Portus; Cumes; Pompéi : programme de recherches sur l’artisanat antique; Pompéi, Pistrina : recherches sur les boulangeries de l’Italie romaine; Laos-Marcellina (Calabre); Levanzo (Calabre); Mégara Hyblaea (Sicile); Jebel Oust (Tunisie); Kouass (Asilah, Maroc).
Autres activités archéologiques françaises en Italie
Portus : les entrepôts de Trajan; Pompéi : M. Tullius et le temple de Fortune Auguste; L’Incoronata : nouveaux témoignages du Kerameikos.
Michel Fixot, et alii Sidi Jdidi. II. Le groupe épiscopal
L'étude de la cité antique de Aradi (aujourd'hui Sidi Jdidi, gros village de l'arrière pays de Hammamet) en Tunisie, représentative des agglomérations africaines de la fin de l'Antiquité, permet d'illustrer la christianisation architecturale des petites cités.Après un premier volume dans lequel ont été exposés les résultats de la fouille d’une première basilique chrétienne de la cité, ce deuxième volume s’attache à restituer l’image de son groupe épiscopal. Au moment de sa genèse, au cours du premier quart du Ve siècle, il était composé selon le principe de la « cathédrale double », complété d’un îlot dont les équipements domestiques servaient à la fonction caritative de l’Église. Un quatrième îlot contenait peut-être la demeure de l’évêque. Comme la basilique sud étudiée naguère, l’histoire du groupe épiscopal connut une césure brutale dans la deuxième moitié du Ve siècle. Elle peut être mise en rapport avec la persécution des rois vandales. À l’époque byzantine, la reconstruction montre une rétraction de l’emprise antérieure et la disparition de la fonction d’assistance. Mais si dans le premier état la cathédrale de cette petite cité répondait aux critères de la grande architecture chrétienne, dans le second, à sa mesure, elle en appliquait encore les principes en donnant un cadre prestigieux à la fonction martyrologique.
Mélanges de l'École française de Rome. Italie et Méditerranée 123/1 (2011)
LE TRAVAIL COMME RESSOURCE
Le travail comme ressource. Parcours individuels, mobilité et stratégies économiques dans les villes d’Ancien Régime, par Eleonora Canepari et Beatrice Zucca Micheletto; Travail et apprentissage des femmes à Lyon au XVIIIe siècle, par Monica Martinat; « Le devoir de travailler jusqu’à la fin de ses jours » : le travail des personnes âgées dans la Rome pontificale (XVIIe-XIXe siècles), par Angela Groppi; Les migrations de travail comme ressources : verriers altarais et vénitiens, XVIe-XVIIIe siècle, par Corine Maitte; Mobility between risk and opportunity : the military profession in the eighteenth century, par Hanna Sonkajärvi; Changer de place. Occupations, réseaux et carrières des immigrants à Anvers au XVIIIe siècle, par Anne Winter; Travail et trajectoire individuelle dans l'administration de la Ferme générale (1751-1763) : une étude de cas, par Olivier Zeller; Ceux qui travaillent avec la mort : entre la professionnalisation et les travaux occasionnels de fossoyeurs, pleureuses et organisatrices de funérailles à Saragosse (Royaume d’Aragon) à la fin du Moyen Âge, par Ana del Campo; Hors normes corporatives : le travail des écuyers et des maîtres d’art équestre en Europe (milieu du XVe-milieu du XVIIe siècle), par Elisabetta Deriu; La précarité des ouvriers de l'arsenal de Toulon à travers leurs mobilités (fin XVIIIe siècle – début XIXe siècle), par Julien Saint-Roman; La désincorporation des salariés, l’exemple de la mercerie parisienne (1680-1776), par Laurence Croq; Diversité et précarité : un nouveau concept de l’activité humaine dans les agrovilles du sud de l’Europe au XVIIIe siècle (Lorca 1771), par Francisco Chacon Jimenez; La plasticité du travail comme ressource dans les petites villes du Midi pyrénéen, par Jean-Michel Minovez; La pluriactivité des paysans parisiens au XVIe siècle : signe de précarité ou d’aisance ?, par Clément Gurvil; La pluriactivité dans les métiers du bâtiment dijonnais : l’exemple de Joseph Taisand (1723-1785), par Sylvie Dubois; Les travaux publics comme ressource : les ateliers de charité dans les dernières décennies du XVIIIe siècle, par Anne Conchon; Appunti sui lavoratori giornalieri dei cantieri edili torinesi nel Settecento : una ricerca in corso, par Nicoletta Rolla.
MÉLANGES
Le pape, le roi et l'abbé : défendre à Rome l'autonomie de l'ordre ecclésiastique au début du règne de Henri III (1574-1575), par Bertrand Marceau; Enquête sur la vogue de Moïse sur les eaux du Nil au XVIIe siècle, par Matthieu Somon; Lectures de Photios du concile de Trente à Vatican II, par Claudine Delacroix-Besnier; « L’année des quatre empereurs ». L’École française de Rome en 1922-1923, par Louis-Napoléon Panel
Mélanges de l'École française de Rome 123/1 (2011) 309 p., ill. n/b et coul. ISBN: 978-2-7283-0942-9 ISSN: 0223-9891 Prix: € 50 État: Á paraître
Jean-Marie Martin, Annick Peters-Custot, Vivien Prigent (dir.) L’héritage byzantin en Italie (VIIIe-XIIe siècle). I. La fabrique documentaire
La question de la présence byzantine en Italie est un sujet majeur pour l’histoire de la Péninsule. Rien d’étonnant à ce qu’elle ait suscité et continue de justifier quantité de travaux scientifiques majeurs. Le propos est ici tout autre, et vise à analyser de manière critique l’attribution à l’ancienne présence byzantine de certains caractères originaux indéniables qui, au cœur du Moyen Âge, peuvent distinguer les régions autrefois byzantines au sein de l’Exarchat de Ravenne (Venise, Ravenne, Rome, Naples, Amalfi et Gaète) de celles de tradition lombarde, dans tous les domaines : le droit, les régimes agraires, la rédaction des actes de la pratique, les critères de distinction sociale, la vie religieuse etc.
Or, il n’y eut dans la domination byzantine, ni unité de temps, ni unité de lieu, puisqu’elle dura selon les régions de deux à cinq siècles. De plus, l’histoire post-byzantine de ces territoires fut elle aussi très variée. Il convenait donc de vérifier, par des approches combinant les analyses thématiques et les études régionales, la validité de la causalité byzantine de ces spécificités.
Ce volume présente les travaux réalisés autour des documents d'archives, des conditions de leur établissement et de leur forme, que ce soit l’usage du papyrus, des bulles de plomb, ou l’étude des milieux chargés de la production des documents diplomatiques, curiales, scribe, scriniarii, tabelliones, notarii. La méthode employée combine la comparaison systématique avec les usages des régions lombardes de la Péninsule italienne, et avec ceux de l’Orient byzantin à la même époque, afin de donner de premières clefs d’interprétation, que les volumes suivant sur le même thème de L'héritage byzantin en Italie (VIIIe-XIIe siècle) complèteront à leur tourCollection de l'École française de Rome 449 Roma: École française de Rome, 2011 334 p., ill. ISBN: 978-2-7283-0923-8 Prix: € 60 État: Á paraître
Mathilde Simon Le rivage grec de l’Italie romaine : la Grande Grèce dans l’historiographie augustéenne
Lorsque Rome prend le contrôle de l’Italie du Sud, à partir de la fin du IVe siècle av. J.-C., les colonies grecques qui s’y étaient implantées connaissent un déclin inexorable. Les textes latins insistent sur la disparition complète de cette région appelée Grande Grèce dont le rayonnement intellectuel et artistique et la prospérité avaient été parfois considérables, et les auteurs ignorent, ou récusent, l’influence du monde italiote sur la culture romaine. Les travaux archéologiques des dernières décennies invitent au contraire à réévaluer les relations, anciennes, entre la jeune République et l’Italie du Sud hellénisée.
Cet ouvrage examine la représentation historiographique de cette présence grecque à laquelle a été confrontée Rome sur le sol même de l’Italie. Il se concentre sur la première décade de Tite-Live, qui met en scène la conquête romaine du Sud de la péninsule à la lumière de l’exaltation augustéenne du destin de Rome, et sur les sources parallèles. Une étude lexicale des termes Italia et Magna Graecia permet d’abord d’apprécier les enjeux idéologiques attachés à ces noms dans l’histoire des relations entre Rome et les régions méridionales de l’Italie. En analysant les étapes de l’expansion de Rome vers le sud, on met ensuite en valeur le rôle de troisième force joué par les cités grecques, dont l’importance stratégique s’apprécie à travers des épisodes de conflit et des personnages d’exception, comme Alexandre le Molosse, oncle du Conquérant. Enfin, on cherche à voir sur quelles conceptions ethnographiques repose la description de ces Grecs d’Italie dont le rapport avec les populations indigènes témoigne d’une acculturation complexe, aujourd’hui mieux connue. Au moment où le programme augustéen définit un passé qui justifie l’hégémonie de l’Vrbs, la représentation de l’héritage de la Grande Grèce révèle les contradictions de Rome face à l’hellénisme.
Collection de l'École française de Rome 442 Roma: École française de Rome, 2011 527 p. ISBN: 978-2-7283-0855-2 Prix: € 80 État: Á paraître
Jérémie Barthas L’argent n’est pas le nerf de la guerre : essai sur une prétendue erreur de Machiavel
L’argent n’est pas le nerf de la guerre (« I danari non sono il nervo della guerra ») est l’une des propositions les plus novatrices et les plus controversées de la pensée politique de Machiavel. Devant elle, nombre de présentations de ce grand penseur nous mettent en présence d’un illuminé développant des thèses extravagantes. Elle prouverait son insensibilité à la causalité économique et, par conséquent, la faiblesse de ses instruments d’analyse et de sa portée théorique. Jérémie Barthas en reprend l’examen historique et critique. En se fondant aussi sur des documents des archives de Florence, il met en évidence l’importance du système financier pour comprendre non seulement cette proposition mais encore l’histoire politique de la république florentine du Grand Conseil (1494-1512) et le rôle qu’y joua le secrétaire florentin, notamment en établissant la conscription. Il en ressort une interprétation renouvelée de la pensée politique de Machiavel et de son contexte historique de production, ainsi que de la réception de sa pensée. Ce livre participe de la sorte d’un questionnement plus général sur les liens entre spéculation et volonté politique, instabilité financière et institutions républicaines, dette publique et État moderne, genèse de l’économie politique et de sa critique.
Collection de l'École française de Rome 434 Roma: École française de Rome, 2011 478 p. ISBN: 978-2-7283-0887-3 Prix: € 60 État: Á paraître
Patrick Boucheron, Marco Folin (dir.) I grandi cantieri del rinnovamento urbano : esperienze italiane ed europee a confronto, secoli XIV-XVI
Fra il tardo medioevo e la prima età moderna molte città europee sono state teatro di impegnativi programmi di rinnovamento urbano, mirati alla riqualificazione complessiva dell’immagine cittadina. Varie le modalità d’intervento, ma comune l’aspirazione di fondo: la volontà del sovrano di fare dell’abbellimento urbano il cardine materiale e simbolico di un programma di rigenerazione politica complessiva, come se l’aspetto decoroso dell’urbs e il benessere della civitas non fossero che le due facce di una medesima, inestricabile, realtà.
Nel promuovere le loro iniziative le autorità pubbliche si facevano dunque portatrici di valori formali, se non estetici, servendosi del linguaggio architettonico come di un vessillo inalberato in nome delle ragioni del buon governo. D’altro canto queste operazioni richiedevano grossi finanziamenti, e presupponevano la messa a punto di una serie di strumenti e di procedure che esulavano dalla sfera edilizia, e che dovevano tener conto dei contesti politici, sociali e culturali con cui si confrontavano. In tal senso i programmi di rinnovamento non riflettevano solo le aspettative delle autorità, ma finivano per recepire pulsioni sociali più diffuse, che miravano anch’esse ad appropriarsi della scena urbana per tradursi nello spazio e dare visibilità ai nuovi rapporti di forza che andavano affermandosi all’alba della modernità.
Questo libro è dedicato appunto a questo viluppo di volontà progettuali e pratiche di governo, di strategie politiche e aspirazioni identitarie, mirando a farne uno degli oggetti privilegiati di una nuova storia sociale dell’architettura e della trasformazione urbana.
Bruno Dumons, Hilaire Multon (dir.) Blancs et contre-révolutionnaires en Europe : espaces, réseaux, cultures et mémoires (fin XVIIIe-début XXe siècles) : France, Italie, Espagne, Portugal
Parmi les voies de « l’histoire sociale du politique », un domaine de recherche s’est développé à partir des concepts de « politisation » et de « cultures politiques ». Celles associées aux couleurs « bleue » et « rouge », s’inspirant des valeurs et des modèles issus des gauches républicaine, socialiste et communiste, ont jusque-là beaucoup mobilisé les historiens, délaissant celle qui repose sur les fondements de la catholicité et de la légitimité. Depuis lors, une réflexion d’ensemble est devenue possible sur ces cultures politiques « blanches » qui se déploient durant un long XIXe siècle. L’analyse porte ici sur quatre nations du Sud de l’Europe, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, largement façonnées par le catholicisme et les principes d’un État monarchique. Après avoir repéré les étapes du développement de cette culture politique enracinée dans le rejet des Lumières et de la Révolution française, cette contribution collective se distingue par une histoire sociale des « blancs » et des contre-révolutionnaires qui s’attache à souligner le rôle des passeurs culturels et des intermédiaires sociaux dans ses circulations européennes. Elle vise également au repérage des territoires qui l’ont abrité, permettant d’identifier ses lieux d’enracinement et de sédimentation à plusieurs échelles. En croisant plusieurs approches, il convenait aussi de préciser l’ancrage de cette culture politique dans des lieux de mémoire, des réseaux sociaux et des pratiques identitaires qui se sont perpétués durablement sur les chemins de l’exil.
Philippe Levillain (dir.) Rome, l’unique objet de mon ressentiment : regards critiques sur la papauté
La littérature n’est pas toujours le miroir romancé de l’Histoire. L’invective placée par Corneille dans la bouche de Camille (Horace, 1640, acte IV, scène 5, v. 1301) transforme une tragédie sentimentale en une pièce politique. À travers la figure du roi de Rome, accordant sa grâce au meurtrier, Corneille défendait le pouvoir absolu du souverain face aux rivalités féodales. Dans le même moment, le pape Urbain VIII (1624-1644) incarnait dans son domaine une forme de centralisation romaine jusque dans les arts et les lettres.
Ce parallèle chronologique s’élève au-dessus du moment même. Un territoire, une institution, une autorité, des méthodes d’exercice, tels sont les thèmes qui gouvernent le face-à-face entre le Vicaire du Christ, souverain pontife, et empires, royaumes ou états-nations. Toute autorité relève de méthodes. Toutes les méthodes s’inspirent d’une légitimité. Le Saint-Siège jusqu’en 1870 s’affirme sur un territoire à la fois terrestre et ecclésiologique : les États pontificaux ; l’Église et ses privilèges territoriaux. La crise de l’assise romaine du pouvoir pontifical, résolue en 1929, ne change guère la donne. Le pape gouverne un patrimoine à double face : la Cité terrestre et la figure de la Cité de Dieu. Sa personne est une délégation sacramentelle. Elle est donc symbolique. L’institution relève d’une autorité dogmatique, qui engage une histoire de l’Église. L’autorité se trouve nécessairement au carrefour de la tradition du passé et du futur de cette tradition.
Telles sont les grandes lignes abordées dans ce colloque au travers de l’histoire longue pour considérer les grands points de l’antagonisme qui ont sécrété progressivement au cours des siècles, avec des oscillations significatives, ce que l’on appelle communément l’antiromanisme, ou, pour reprendre l’expression célèbre et subtile de Urs von Balthazar, le complexe antiromain.
Roma medica : anatomie d’un système médical au XVIe siècle
Que signifie «faire de la médecine» dans la Ville Éternelle entre Renaissance et Contre-Réforme ? Comment se construit un savoir sur le corps dans cet espace ? Quels sont les acteurs impliqués dans un tel processus ? Quels sont les lieux de son élaboration ?
L’ouvrage, qui se focalise sur la médecine et les médecins à Rome au milieu du XVIe siècle, entend fournir un premier éclairage sur ces questions. Il interroge la capacité de la capitale du monde catholique de redéfinir le savoir et les structures médicales dont elle dispose et de s’approprier de nouvelles pratiques au moment même où l’on assiste à la transformation de la culture européenne, au passage d’un paradigme humaniste à celui de la Contre-Réforme. À travers une analyse croisée de sources variées, issues de différents lieux de la pratique médicale, ce livre examine les effets d’une reconfiguration des statuts aussi bien que des méthodes et des sphères de compétence de la médecine « romaine » mais aussi les processus de négociation entre groupes politiques, scientifiques et religieux. Il montre que dans sa triple réalité de centre urbain, de capitale pontificale et du monde catholique, Rome est alors l’un des lieux d’élaboration et d’irradiation d’une nouvelle culture médicale.
En se penchant sur le dispositif médical en vigueur au cœur même de la catholicité, l’ouvrage se propose de réfléchir tant sur les conditions locales de la production des savoirs que sur l’articulation plus générale entre histoire sociale et politique et histoire culturelle des sciences.
Anna Bellavitis, Isabelle Chabot (dir.) La justice des familles : autour de la transmission des biens, des savoirs et des pouvoirs (Europe, Nouveau monde, XIIe-XIXe siècles)
Comment les familles organisent-elles leur reproduction sociale ? Comment gèrent-elles les conflits qui peuvent surgir au sujet de la transmission des biens ? Comment les savoirs, les compétences, les métiers se transmettent-ils à l’intérieur des familles ? Quel rôle jouent les femmes dans la transmission des pouvoirs politiques ? Voici quelques unes des questions posées par ce volume qui réunit les résultats de trois ateliers du projet de recherche Familles, savoirs, reproduction sociale (époque médiévale et moderne) de l’École française de Rome, dirigé par Anna Bellavitis, Isabelle Chabot et Igor Mineo, avec le soutien de l’Université de Palerme et du Centre d’Histoire sociale et culturelle de l’Occident (XIIe-XVIIIe siècle) de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. L'ouvrage s'articule autour de deux aspects complémentaires de la reproduction sociale - l’héritage matériel (les patrimoines) et l’héritage immatériel (les savoirs et les pouvoirs). Les articles, qui couvrent une époque allant du Haut Moyen Âge au XIXe siècle, concernent une vaste aire géographique, qui comprend, en plus de la France et de l’Italie, les espaces scandinaves, germaniques et ibériques, avec deux incursions dans les colonies américaines.
Patrice Cressier, Elizabeth Fentress (dir.) La céramique maghrébine du haut Moyen Âge (VIIIe-Xe siècle) : état des recherches, problèmes et perspectives
Malgré les efforts du petit nombre de chercheurs concernés, la céramique médiévale maghrébine reste très mal connue : trop peu de sites fouillés, trop peu de publications. Pour l’historien de la culture matérielle, le handicap est lourd par rapport à la rive septentrionale de la Méditerranée. Il inclut en particulier la rareté des typo-chronologies à échelle régionale et les difficultés à aborder les questions historiques habituellement éclairées par ce mobilier (en amont, la transition avec l’Antiquité tardive, les apports orientaux et les héritages locaux, ou encore la progression du processus d’arabisation/islamisation ; en aval, les ateliers de production et l’organisation sociale, les échanges commerciaux et la hiérarchisation des marchés, le transfert des techniques, la nature et les fonctions des céramiques dites « de luxe », les pratiques alimentaires).
Au travers de treize études de cas, adoptant des approches distinctes, ce livre se propose de dresser un état des lieux de nos connaissances sur la céramique médiévale du Maghreb, en en soulignant les acquis comme les lacunes, et en proposant des pistes de recherche pour l’avenir. Trois contributions de spécialistes d’aires géographiques voisines (péninsule Ibérique, Sicile et Proche-Orient) apportent une indispensable mise en perspective.
Annliese Nef Conquérir et gouverner la Sicile islamique aux XIe et XIIe siècles
Conquérant la Sicile à partir du milieu du XIe siècle, les Hauteville sont les premiers à mettre en place un gouvernement qui se définit comme chrétien et, au moins en partie, de langue latine, tout en exerçant ses prérogatives sur une population majoritairement musulmane et arabophone. Pour ce faire, ils élaborent progressivement des instruments de gouvernement, mais se font aussi les mécènes d’une production culturelle qui a suscité admiration et commentaires jusqu’à aujourd’hui.
Cet ouvrage se présente comme une enquête sur les différentes dimensions du pouvoir des Hauteville de la conquête de la Sicile à la fin du XIIe siècle (politique linguistique, construction d’un État, mécénat, mais aussi contrôle des populations et du territoire). Il vise à dé-mythifier les représentations que l’on a souvent de ce long siècle de « tolérance », mais aussi à déconstruire l’idée que l’échec de la dynastie était écrit d'avance. Il postule néanmoins que la construction « normande » en Sicile demeure originale et novatrice et qu’elle fournit des éléments de comparaison utiles à tous ceux qui analysent les situations de conquête et de gouvernement minoritaire en contexte multiculturel.
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