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Novità editoriali

Antichità Medioevo Epoca moderna e contemporanea Tutte le novità In corso di stampa


Henri Tréziny, et alii

Mégara Hyblaea 7. La ville classique, hellénistique et romaine


Mégara Hyblaea 7. La ville classique, hellénistique et romaine est essentiellement la publication des fouilles menées par François Villard et Georges Vallet entre 1949 et 1975. L’attention des fouilleurs s’étant focalisée sur l’agora archaïque, les niveaux récents ont été moins étudiés, à l’exception du temple hellénistique (Mégara Hyblaea 4, 1966). L’étude actuelle se fonde sur un réexamen des données d’archive ainsi que sur une relecture systématique des vestiges visibles, accompagnée de quelques nettoyages et sondages de contrôle. Le dossier stratigraphique est donc limité et la chronologie difficile à fixer dans le détail. On propose cependant des modifications importantes dans les datations relatives et absolues de nombreux monuments (temple, fortification, bains). L’essentiel des vestiges commentés dans ce livre porte sur le IIIe s. av. J.-C. et le règne de Hiéron II, mais on s’est vite rendu compte de l’importance de l’époque classique et de la réoccupation d’époque romaine, jusque là méconnues, d’où le titre plus large donné au volume.

Le livre se présente donc comme la suite du Mégara 5, mais surtout comme le préalable indispensable à une reprise de fouilles modernes sur les niveaux post-archaïques de Mégara Hyblaea.

 

Ancien élève de l’ENS Saint-Cloud et de l’EFR, Directeur de recherche émérite au CNRS (Aix-Marseille Université, Centre Camille Jullian) Henri Tréziny travaille à Mégara Hyblaea depuis 1973. Il a publié en 2004 avec Michel Gras et Henri Broise le volume Mégara Hyblaea 5. La ville archaïque.

 


Collection de l'École française de Rome 1/7
Roma: École française de Rome, 2018

ISBN:  978-2-7283-1282-5
Prezzo: € 
Stato: Prossima pubblicazione

Jean-François Chauvard

« Per conto e raggione del fideicomisso ». Tutelle publique et administration des fidéicommis à Venise aux derniers siècles de la République


Les fidéicommis étaient consubstantiels aux sociétés d’Ancien Régime. En rendant les biens indisponibles et en fixant la ligne de succession, ces fondations testamentaires visaient la conservation de l’assise matérielle des familles. Au nom de la libre circulation des biens et d’une conception absolue de la propriété, ils furent au XVIIIsiècle l’objet de critiques qui débouchèrent sur des réformes dans certains États italiens. Rien de tel dans la République de Venise où le patriciat n’envisagea jamais de réformes systémiques qui risquaient de remettre en cause les équilibres politiques et sociaux. Néanmoins, dès la fin du XVsiècle, l’État vénitien légiféra à mesure que les fidéicommis entraient en contradiction avec d’autres systèmes normatifs : le recouvrement des créances et des impôts et le remboursement des dots. L’État définit également les conditions de levée de l’inaliénabilité des biens et mit en place, sous l’égide des Juges du Procurator, une procédure pour garantir le réinvestissement des capitaux assujettis à fidéicommis (emprunts publics et prêts) au prix d’un travail administratif considérable. L’exploitation des archives de cette cour de justice permet d’éclairer le rôle de l’autorité judiciaire dans la cogestion des fidéicommis et celui des ayants droit qui pouvaient se comporter en administrateurs actifs, capables de remodeler le contenu du fidéicommis sans changer sa valeur. En scrutant les modalités du passage de l’indisponible au disponible, ce livre interroge l’élasticité d’un dispositif réputé pour sa rigidité ; il démontre aussi que les fidéicommis étaient une institution totalisante dont le gouvernement était autant une affaire de famille qu’une affaire d’État.

 

 

Ancien directeur des études modernes et contemporaines à l’École française de Rome, Jean-François Chauvard est professeur d’histoire moderne à l’Université Lumière Lyon 2. Ses travaux portent sur l’histoire des sociétés urbaines de l’Italie moderne, en particulier sur le monde vénitien.


Collection de l'École française de Rome 528
Roma: École française de Rome, 2018

ISBN:  978-2-7283-1222-1
Prezzo: € 
Stato: Prossima pubblicazione

Valentina Sapienza

La chiesa di San Zulian a Venezia nel Cinquecento


La chiesa di San Zulian sorge a pochi passi da piazza San Marco forse già nel lontano IX secolo. Interamente ricostruita dopo il 1105, quando un incendio l’aveva letteralmente devastata, l’edificio è di nuovo in rovina nel 1553. Interviene allora il celebre medico Tommaso Rangone da Ravenna, in cerca di un luogo – un altro – che potesse perpetuarne la memoria presso i posteri. Grazie alle ingenti donazioni messe a disposizione dal generoso finanziatore, cui sarà concesso in cambio il diritto di sepoltura presso la cappella maggiore, la facciata e poi l’edificio tutto quanto vengono interamente ricostruiti su progetto di Jacopo Sansovino. Così la statua bronzea di Tommaso, opera di Alessandro Vittoria, con in mano un ramo di salsapariglia e uno di guaiaco (le piante medicinali deputate, secondo le sue scoperte, alla cura della sifilide), finisce per trionfare sul portale maggiore di San Zulian.

Se di queste vicende si sono occupati in molti, quasi nulla si sapeva del contesto socio-culturale in cui rinacque uno degli edifici più interessanti della Venezia del Cinquecento. Chi erano i membri della comunità di San Zulian? Chi sedeva tra i banchi del Santissimo Sacramento o della scuola dei Merciai? Chi fra i «zentilhomeni» e «i più i vechi et degni» cittadini della parrocchia era stato prescelto per la carica a vita di procuratore di chiesa? Chi contribuì alle vaste imprese decorative che videro attivi alcuni tra i più importanti pittori, scultori e architetti dell’epoca? E chi tenne le fila di questa gigantesca «opera corale», in cui la pittura sembra talvolta relegata a un rango inferiore?

Attraverso uno spoglio meticoloso dell’archivio di San Zulian e alcune preziose carte dell’Archivio di Stato di Venezia e attraverso una lettura attenta delle opere d’arte ancora in situ, che spesso rivelano ciò che i documenti tacciono, sono stati ricostruiti nel dettaglio il contesto di alcune delle confraternite presenti in chiesa, il funzionamento dell’immenso cantiere che occupò la comunità parrocchiale per almeno una trentina d’anni, i meccanismi di finanziamento delle imprese artistiche, il ruolo della comunità bergamasca e quello di almeno un altro praticamente sconosciuto mecenate, che da quella comunità proveniva, Gerolamo Vignola.

 

Valentina Sapienza insegna Storia dell’arte moderna all’università Ca’ Foscari di Venezia. Studia la pittura veneziana del Rinascimento, e in particolare il rapporto tra immagini, contesto e pensiero religioso.


Collection de l'École française de Rome 549
Roma: École française de Rome, 2018

ISBN:  978-2-7283-1310-5
Prezzo: € 
Stato: Prossima pubblicazione

CEF530 François Jankowiak, Laura Pettinaroli (a cura di) 

Les cardinaux entre Cour et Curie. Une élite romaine, 1775-2015


Indice
Introduzione


 

Les cardinaux sont connus du grand public comme des figures prestigieuses des Églises et des sociétés locales. Ils suscitent aussi l’intérêt des médias internationaux par leur rôle, majeur mais toujours mystérieux, dans l’élection du pape. Pourtant, la nature de leur charge et la réalité de leurs fonctions demeurent largement dans l’ombre. Les membres du Sacré Collège composent une élite qui ne ressemble à aucune autre : aristocratique au sens du choix des « meilleurs », et cependant non héréditaire, à fort ancrage local mais aussi très internationalisée, placée à partir des Lumières et de la Révolution face au défi de s’adapter à la modernité.

Cet ouvrage est centré sur les aspects spécifiquement romains de l’activité multiforme des « porporati ». Ceux-ci sont saisis à la fois en tant que corps constitué, sede plena (consistoire) et sede vacante (conclave), qu’individuellement, comme responsables de dicastères de la Curie, acteurs majeurs de la diplomatie vaticane, mais aussi protecteurs de congrégations religieuses, dignitaires de la Cour pontificale et détenteurs d’un « titre » cardinalice symbolisant leur ancrage dans la Ville.

Les vingt-cinq contributions réunies dans ce volume, accompagnées d’une bibliographie et de plusieurs index, sont le fruit d’un programme de recherches interdisciplinaires qui a rassemblé une équipe internationale d’historiens et d’historiens du droit, et qui a été conduit par l’École française de Rome, l’Institut catholique de Paris et l’Université Paris-Sud.

 

Ancien membre de l’École française de Rome, agrégé des Facultés de Droit, François Jankowiak est professeur d’histoire du droit et des institutions à l’Université Paris-Sud (Paris-Saclay) où il dirige le laboratoire « Droit et Sociétés religieuses » (DSR – EA 1611).

 

Ancienne élève de l’École normale supérieure (Lyon) et de l’École française de Rome, agrégée d’histoire, Laura Pettinaroli, est maître de conférences en histoire contemporaine à la Faculté des Lettres de l’Institut catholique de Paris et membre de l’unité de recherche « Religion, culture et société » EA 7403.

 


Collection de l'École française de Rome 530
Roma: École française de Rome, 2017
482 p.
ISBN:  978-2-7283-1230-6
Prezzo: € 27
Stato: Prossima pubblicazione

Clément Bur

La citoyenneté dégradée. Une histoire de l’infamie à Rome (312 av. J.-C. – 96 apr. J.-C.)


Ce travail propose une approche globale et diachronique de l’infamie, de 312 av. J.-C. à 96 apr. J.‑C., afin de décloisonner son étude et de la replacer dans son contexte socioculturel. L’infamie désigne la dégradation qui résulte de l’officialisation par un représentant de la cité d’un mépris jusqu’alors latent. Pour comprendre les fonctions et les modalités de cette formalisation, nous sommes partis d’un catalogue prosopographique, disponible en ligne. Lors de cérémonies de dégradation, l’infamie était actualisée au cas par cas, par une instance civique qui appréciait la dignité du citoyen. Ces spectacles du déshonneur favorisaient la diffusion des valeurs de l’aristocratie et la légitimaient en rappelant son excellence.

À partir du IIe siècle av. J.‑C., l’infamie connut un phénomène de juridicisation : elle découlait désormais de l’application d’une règle juridique écrite sanctionnant certaines catégories de citoyens. Enfin, l’infamie concernait tous les citoyens, n’était pas contagieuse, et plaçait dans une situation de paria. Il était rare d’en sortir. La stigmatisation renforçait la cohésion du reste du groupe et participait à la redéfinition de son système normatif. Sans être un concept juridique unifié, l’infamie avait une unité conceptuelle. Elle affectait le citoyen qui ne se conformait pas au fonctionnement de la société et qui suscitait la défiance parce qu’il avait brisé l’intégrité de sa personne. Elle lui redonnait une place dans la hiérarchie civique en institutionnalisant une sorte d’anti-auctoritas. L’infamie s’inscrivait toujours dans une perspective de classement des citoyens afin d’organiser leurs rapports entre eux et avec l’État.

En définitive, analyser les formes d’infamie révèle en négatif la définition du bonus ciuis et les attentes des Romains envers leurs dirigeants. En posant la question des conséquences de l’évaluation morale du citoyen dans la société d’ordres qu’était Rome, c’est donc une histoire de la citoyenneté romaine sur la longue durée que propose ce travail ainsi qu’une réflexion sur le caractère méritocratique de la hiérarchie civique.

 

 

Agrégé d’histoire et diplômé de Sciences Po Paris, Clément Bur est aujourd’hui Maître de Conférences en histoire ancienne à l’INU Champollion d’Albi et membre du laboratoire PLH-ERASME (Toulouse – Jean Jaurès).


Collection de l'École française de Rome 544
Roma: École française de Rome, 2018

ISBN: 
Prezzo: € 
Stato: Prossima pubblicazione

CEF543 Otchakovski François Otchakovsky-Laurens

La vie politique à Marseille sous la domination angevine (1348-1385)


La commune marseillaise au XIVe siècle est marquée par la domination angevine de Naples, qui n’étouffe cependant pas la vitalité politique urbaine, dont témoigne la dimension scripturale de l’administration municipale. Le gouvernement quotidien a en effet produit une abondante documentation jusqu’ici peu étudiée pour elle-même : les délibérations du conseil de ville, qui permettent de retracer les jeux de pouvoir traversant la cité portuaire.

Les années 1348-1385 sont marquées à Marseille par une situation de crise prolongée, notamment par la durable déstabilisation du pouvoir souverain. Dans ce contexte, l’assemblée municipale s’affirme comme le lieu du gouvernement de la ville. Alors que s’effacent les officiers royaux, le conseil de ville s’approprie une part grandissante d’autonomie et consolide le statut marseillais d’exception dans le comté de Provence.

Au cours des pratiques de l’assemblée – délibérations, serments, désignation de citoyens chargés de mettre en œuvre les ordonnances adoptées – de nombreux habitants participent à l’activité de l’assemblée urbaine, sous la direction d’une élite municipale qui s’entoure de notaires et de praticiens du droit. La légitimité communale s’appuie sur les outils scripturaux, depuis les statuts de la ville jusqu’aux écrits les plus quotidiens, dont la circulation définit un régime de normativité spécifique. L’enregistrement des séances s’avère l’instrument décisif de la construction de l’autorité par l’écrit : autour des registres délibératifs gravitent les multiples pièces administratives et juridiques qui assurent l’institutionnalisation et l’autonomie du gouvernement de la ville.

 

Professeur agrégé en lycée international à Marseille, François Otchakovsky-Laurens est docteur en histoire médiévale et chercheur associé au laboratoire TELEMME (UMR 7303, Université d'Aix-Marseille et CNRS). Ses travaux portent sur l'écrit de gouvernement, la normativité juridique, la vie politique et les pratiques de délibération urbaines à la fin du Moyen Âge.


Collection de l'École française de Rome 543
Roma: École française de Rome, 2018

ISBN:  978-2-7283-1252-8
Prezzo: € 
Stato: Prossima pubblicazione

BEFAR377 Cogné Albane

Les propriétés urbaines du patriciat (Milan, XVIIe-XVIIIe siècle)


Indice
Introduzione


Par le prisme des propriétés urbaines, l’ouvrage offre un nouveau point de vue sur le patriciat milanais, souvent présenté de manière monolithique comme l’élite sociale du duché. La consistance des patrimoines et les choix résidentiels démontrent en effet l’hétérogénéité du groupe social et reflètent le niveau de richesse des familles, leur implication institutionnelle et leurs origines sociales. La recherche associe la réalisation d’un système d’information géographique fondé sur le cadastre thérésien à la documentation issue des fonds familiaux qui informe sur la constitution des patrimoines urbains et leur place dans l’économie familiale (nature et valeur des investissements réalisés, pratiques de gestion et de transmission des biens). La double nature de l’immobilier (résidence et biens locatifs) le fait obéir à des logiques variées qui ne sont pas seulement représentatives et économiques mais qui relèvent aussi d’enjeux sociaux et politiques. C’est finalement le rôle du patriciat dans la fabrique de la ville qui est envisagé et qui connaît des évolutions dans la seconde moitié du XVIIIsiècle lorsque les souverains habsbourgeois cherchent à mieux contrôler l’urbanisme et que les nouvelles logiques résidentielles aboutissent à l’émergence des des « beaux quartiers » et à l’éclatement des familles.

 

 

 

Albane Cogné est normalienne (ENS, Fontenay-Saint-Cloud), agrégée et docteur en histoire. Elle a été membre de l’École française de Rome et est actuellement maître de conférences à l’université Fr. Rabelais de Tours et rattachée au Cethis. Ses recherches portent sur l’histoire urbaine et sociale de l’Italie à l’époque moderne.

 


Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome 377
Roma: École française de Rome, 2017
640 p., ill. n/b et pl. coul.
ISBN:  978-2-7283-1234-4
Prezzo: € 
Stato: Prossima pubblicazione

Bernard Dompnier, Stefania Nanni (a cura di) 

La mémoire des saints originels entre XVIe et XVIIIe siècle


Alors que les travaux sur le culte des saints à l’époque moderne ont largement privilégié ces dernières décennies l’étude de la construction des réputations de sainteté et celle des procédures de canonisation, et donc surtout les figures les plus récentes, ce livre propose de s’attacher à la place que tiennent les saints les plus anciens dans la piété et dans la culture des xvie-xviiie siècles. Quelles que soient les sources examinées, il apparaît en effet que la mémoire du catholicisme moderne est largement organisée autour de personnages portés sur les autels depuis de nombreux siècles. Bien plus, on assiste à la même époque à un regain de ferveur pour les saints des origines, qu’illustrent aussi bien la diffusion des reliques des catacombes romaines dans toute la catholicité que l’intérêt renouvelé pour de « vieux » saints locaux, plus ou moins oubliés avec le temps. Le catholicisme tridentin, notamment en réponse aux attaques protestantes, s’édifie donc en donnant une nouvelle actualité à l’ancien sanctoral, non sans opérer évidemment une nouvelle lecture des figures qui le composent, mises en conformité avec les nouveaux idéaux confessionnels. 

Mais les enjeux liés à la sainteté originelle dépassent le seul domaine du culte. La réactivation de la mémoire des vieux saints ne saurait ainsi être séparée de stratégies des pouvoirs politiques – des États ou des villes – en quête de renforcement de leurs assises. Plus largement, le corpus de ces figures de sainteté constitue un bien commun, au-delà de la seule institution ecclésiale. La familiarité avec elles est suffisante pour que les diverses formes de productions culturelles (théâtre, littérature, peinture, musique) s’en emparent comme d’un répertoire librement disponible. Le projet qui porte ce livre, fondé sur le croisement d’interrogations conduites sur des documents de divers types, l’inscrit dans le courant actuel d’histoire de la mémoire, c’est-à-dire qu’il accorde une attention particulière, à travers la pluralité des représentations, aux relectures, (ré)appropriations et reconstructions tant des figures singulières que de la cohorte à laquelle ils appartiennent, patrimoine symbolique pour les sociétés des xviie et xviiie siècles.

 

 

Bernard Dompnier, professeur émérite d’histoire à l’Université Clermont Auvergne, spécialiste du catholicisme des xviiet xviiie siècles, travaille principalement sur l’histoire du culte et des dévotions.
Stefania Nanni, professeur d’histoire moderne à l’Université Sapienza de Rome, travaille sur les sentiments religieux et la sacralisation des espaces dans l’Europe moderne.

 


Collection de l'École française de Rome 545
Rome: École française de Rome, 2018

ISBN:  978-2-7283-1300-6
Prezzo: € 
Stato: Prossima pubblicazione

Arnaud Fossier

Le bureau des âmes. Écritures et pratiques administratives de la Pénitencerie apostolique (XIIIe-XIVe siècle)


La Pénitencerie apostolique naît au début du XIIIe siècle, dans un monde où l’Église exerce son dominium sur toute la Chrétienté et où le pape commence à se doter d’un appareil administratif précoce et puissant. D’abord voué à entendre en confession les pèlerins qui se rendent à Rome pour demander l’absolution de leurs péchés, ce nouvel office se voit très vite mandaté par le souverain pontife pour répondre aux suppliques qui, chaque jour, lui sont adressées. Les registres de ces suppliques ont été conservés et constituent une formidable manne documentaire pour les historiens de l’Église, de la religion et de la société médiévales. La série continue de ces registres ne commence toutefois qu’au milieu du XVe siècle, si bien que les deux premiers siècles d’existence de la Pénitencerie apostolique ont été laissés dans l’ombre, faute de sources comparables qui puissent en éclairer pleinement le fonctionnement et l’action.

L’objet de ce livre est de réparer cet oubli en prenant appui sur des « formulaires » de lettres datant du XIIIe et du XIVe siècle. Au nombre de sept, ces formulaires recueillent, réordonnent et généralement abrègent, des centaines de lettres que la Pénitencerie expédiait en réponse aux suppliants. Leur fonction première est donc de fournir aux pénitenciers et à leurs scribes des modèles stylistiques, en même temps que des solutions juridiques. Véritables répertoires d’« exemples », ils reflètent tous les cas de figure auxquels pouvait être quotidiennement confrontée la Pénitencerie : homicides, naissances illégitimes, mariages incestueux, faux et usage de faux, moines ayant fui leurs couvents, ou promotions frauduleuses.

La Pénitencerie avait ensuite à charge de lever les « censures canoniques » encourues par certains suppliants, d’octroyer des dispenses à ceux qui, par exemple, ne pouvaient légalement se marier, ou bien de délivrer des autorisations à celles et ceux qui souhaitaient renoncer à un jeûne ou un pèlerinage. Pareilles mesures consistaient à suspendre les règles établies par le droit, en même temps qu’elles témoignaient d’un réel souci de penser par cas et d’adapter le droit aux faits, en vue du salut des âmes. L’histoire de la Pénitencerie apostolique éclaire donc non seulement celle de la bureaucratisation des pouvoirs publics en Occident, mais aussi celle des techniques du gouvernement « pastoral » dont l’Église s’est dotée à la fin du Moyen Âge.

 

 

Ancien élève de l'École normale supérieure de Lyon et ancien membre de l'École française de Rome, Arnaud Fossier est actuellement Maître de conférences à l'université de Bourgogne.
Ses recherches portent désormais sur l'institution du sujet en Occident.


 

 


Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome 378
Rome: École française de Rome, 2018

ISBN:  978-2-7283-1286-3
Prezzo: € 
Stato: Prossima pubblicazione